Chroniques d’hier et d’aujourd’hui La Vie Nouvelle il y a… 40 ans : le 31 mai 1968

Baisser de rideau sur nos archives consacrées à Mai 1968. L’occasion de revenir sur la fin de ce mois particulier, qui restera le mouvement social français le plus important du XXème siècle…

Ce 31 mai 1968, une note de la direction de La Vie Nouvelle précise qu’en raison des grèves, le journal n’a pas pu être correctement distribué par voie postale : « Nos abonnés comprendront, nous en sommes persuadés, nos difficultés à composer un hebdomadaire et à le diffuser dans ces circonstances exceptionnelles où l’information est primordiale ».
En filigrane, la rédaction de La Vie Nouvelle semble se désoler de l’acheminement du traitement de l’information en ces temps agités du mois de mai 1968 et dénonce également des comportements qui paralysent la liberté d’information.
Certes, Mai 1968 reste le plus important mouvement social de l’histoire française.
À la veille du premier juin 1968, quel bilan, quels constats, quelles conséquences ? Si ce mois de mai se présente comme un triptyque au coeur duquel les deux premières phases sont respectivement étudiantes et sociales, la troisième est davantage liée à la politique.
Explosion souvent confuse et complexe, parfois violente, plus souvent encore ludique et festive, Mai 68 apparaît comme un moment d’illusion révolutionnaire et lyrique, de foi ardente et utopique en la possibilité d’une transformation radicale de la vie et du monde. Dans les faits, avant comme après le rejet par la base, le 27 mai, des accords de Grenelle négociés par son Premier ministre Georges Pompidou avec les syndicats, Charles de Gaulle apparaît submergé par les événements. Le 30 mai, le Président de Gaulle reçoit Georges Pompidou à 14h30, convoque un conseil des ministres puis annonce à 16h30 à la radio la dissolution de l’Assemblée et des élections législatives.
La lassitude et le retournement de l’opinion publique, longtemps favorable aux révoltés, amèneront un raz-de-marée gaulliste aux élections anticipées du 30 juin. Les grèves cessent progressivement courant juin, et les hauts-lieux de la contestation, tels que la Sorbonne et l’Odéon à Paris, seront évacués par la police. Dans ses colonnes, La Vie Nouvelle du 31 mai évoque avec un style télégraphique qu’après la dissolution de l’Assemblée, le Président procède à un « troc » des ministres : exit Joxe, Fouchet et Gorse, bienvenue à Messieurs Couve de Murville et Debré.
Sur un plan social, protocole d’accord entériné pour les charbonnages, les banques, la Sécurité Sociale, la RATP, la SNCF, EDF et l’enseignement. Rien de signé pour les PTT et l’ORTF.
En ce qui concerne le pan estudiantin, on ignore encore si les épreuves du bac pourront avoir lieu. En définitive, Mai 68 a suscité dès l’époque de nombreuses controverses et interprétations divergentes sur sa nature, sur ses causes comme sur ses héritages…
Voilà qui bouclera ces quatre semaines de décryptage et de mise en perspective d’archives. La semaine prochaine, nous reprendrons notre « rythme de croisière » en nous replongeant vers des éditions du journal beaucoup plus anciennes.
Pour terminer, petit tour d’horizon des articles principaux de l’hebdo daté du 31 mai 1968 qui, en Savoie, s’attachent à célébrer la vie, la vraie vie quotidienne, loin du tumulte des hautes sphères de la Nation.
Une grille de mots croisés vient de faire son apparition dans les pages du journal. Chouette, un peu de légèreté et de gymnastique intellectuelle ! Et puis, en ces jours de beau temps, les lectrices de La Vie Nouvelle auront même droit à une petite rubrique sur les tendances mode de l’été : robes « liquette », robes « chasuble », robes « cardigans », « housses », « cape », « bulle » ou « charleston ». Aïe… aucune de ces dénominations ne me dit quelque chose ! Qu’importe, l’important semble que ces dames aient les gambettes à l’air ! Bientôt l’été !

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